Une « chute cataclysmique » des mises en vente de logements neufs

Jean Damien Cerisier - CEO de Citesia - plateforme de crowdfunding immobilier
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Jean Damien Cerisier
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Dans un contexte où les anticipations étaient déjà pessimistes, les données révélées dans le communiqué de presse de l’observatoire de la FPI paru ce jeudi ont confirmé la crise profonde traversée par le secteur immobilier en 2023. Le dernier trimestre de l’année passée a vu une chute vertigineuse de 51,8 % dans le nombre d’appartements neufs proposés sur le marché français, avec seulement 12.102 unités disponibles, contre 25.133 à la même période en 2022, et bien loin des 29.824 unités de 2019, avant la pandémie de Covid-19.

Une réduction drastique des nouvelles offres par les professionnels

Cette réduction drastique des nouvelles offres, qualifiée de “cataclysmique” par les professionnels, traduit une crise majeure d’acquisition, exacerbée par la hausse des taux d’intérêt et les difficultés croissantes d’accès au crédit malgré certaines améliorations signalées. Le niveau élevé des prix pour les logements neufs aggrave encore la situation, décourageant les acheteurs potentiels. Les promoteurs se retrouvent dans une position où ils tentent de vendre l’existant sans lancer de nouveaux projets, soulignant l’entrée dans une crise systémique du secteur.

Une crise principalement attribuée à un déficit de demande

Cette crise est principalement attribuée à un déficit de demande, malgré les promesses récentes du gouvernement d’un “choc d’offre pour le logement”. Les stocks de logements invendus s’élèvent à 102.000 unités fin 2023, avec des délais d’écoulement qui atteignent des records, notamment à Lille où il faut désormais 40,3 mois pour vendre. Les réservations de logements ont également chuté de manière significative.

Paradoxalement, les ventes en bloc ont connu une hausse grâce à des initiatives publiques, mais les ventes aux particuliers et surtout aux investisseurs privés se sont effondrées, impactées par des conditions de financement plus strictes et un dispositif fiscal Pinel devenu moins attractif.

Aucune baisse de prévu pour stimuler le marché

Face à cette situation, aucune baisse de prix n’est envisagée pour stimuler le marché, les coûts étant largement influencés par des facteurs comme le prix du foncier et le coût de construction, plutôt que par la loi de l’offre et de la demande.

Les perspectives pour 2024 sont encore plus sombres, avec une anticipation de diminution continue des demandes de permis de construire, signe d’un marché toujours en quête de solutions pour relancer l’acquisition de nouveaux logements.

Un article du blog Citesia, financement immobilier participatif