Le marché immobilier international marque le pas

Jean Damien Cerisier - CEO de Citesia - plateforme de crowdfunding immobilier
name
Jean Damien Cerisier
linkedIn

La hausse continue des prix de l’immobilier ces dernières années semble être derrière nous. Ceci, sous l’effet des incertitudes économiques liées à la guerre en Ukraine et des conditions d’octroi de prêts immobiliers beaucoup plus compliquées à satisfaire,  à l’aune de la hausse des taux d’intérêt et des mesures de la banque de france relatives aux taux d’usure. Tous ces facteurs négatifs font fléchir les prix de l’immobilier au niveau mondial. D’aucuns prédisent une baisse de plus de 10 % des prix de la pierre dans les pays de l’OCDE à court terme.

Des prix en baisse dans toutes les grandes capitales

Cette baisse des prix est déjà clairement actée dans de nombreux pays. Par exemple, en Chine, les ventes ont dégringolé de 43 % en 2022. Les prix baissent aussi en Scandinavie, en Allemagne, et en Australie. Même refrain en Angleterre, qui voit les ventes de biens diminuer de 28 %.

Certains experts considèrent que ces prévisions sont les plus pessimistes depuis la crise des subprimes en 2008. Selon Oxford Economics, cette chute des prix varie sur le plan national. En effet, « Des villes subissent des chutes de prix importantes par rapport à leur pic de 2021, tandis que d’autres connaissent encore des progressions à deux chiffres ».

La demande de biens immobiliers souffre particulièrement d’une faible confiance des consommateurs, alors que le conflit en Europe continue d’alimenter les craintes sur le plan économique. Si cela devait perdurer, certaines banques européennes pourraient avoir quelques soucis, notamment en France et aux Pays-Bas. De plus, en Angleterre, une baisse des prix incontrôlable aurait également des conséquences sur les logements sociaux, financés par des entreprises, qui tirent l’essentiel de leurs bénéfices de ventes immobilières sur ce marché.

Un marché Parisien soutenu par la clientèle étrangère

Le marché parisien, quant à lui, reste contrasté. Depuis l’épisode Covid, la les investisseurs étrangers qui avaient fui le marché de l’immobilier hexagonal sont de retour. Au 1er semestre 2022, près de 9% des acquéreurs parisiens étaient des étrangers. Un pourcentage qui est proche de 2015. La riche clientèle étrangère préfère logiquement les secteurs centraux de Paris qui sont les plus attractifs comme dans le 7è arrondissement, les 6e et 7e arrondissements, le 8e, où un appartement sur cinq a été acquis par un investisseur étranger. Cette tendance localisée fait donc grimper les prix, à rebours du reste de la capitale, où ils ont tendance à stagner.

Avec les confinements successifs, les non-résidents ne pouvaient plus venir visiter les appartements parisiens. Toutefois, depuis le printemps 2022, les Nord-Américains et les Suisses font leur grand retour dans la ville lumière.  En effet, leur pouvoir d’achat a été dopé avec la faiblesse de l’euro, et la parité avec le dollar. Sur le marché du luxe, lorsque les transactions dépassent les 4 millions d’euros, une fois sur deux, un étranger est dans la boucle, côté vendeur ou acquéreur.